Les systèmes de télédétection satellitaire fournissent tous des données numériques plutôt que des documents analogiques (photographies) : elles sont disponibles soit sous forme de fichiers numériques sur support informatique (bandes magnétiques ou CD-ROM), soit sous forme de restitutions photographiques.

      Jusqu’à ces dernières années, les méthodes de travail héritées de la photographie aérienne (photo-interprétation) sont restées largement dominantes pour les applications en géographie : la photo-interprétation vise à effectuer sur les restitutions photographiques un zonage fondé sur la reconnaissance de zones homogènes par leurs teintes et leurs textures, et à la reconnaissance des grandes structures de l’image. La méthode reste tributaire des procédés de restitution utilisés qui ne sont pas contrôlés par l’interprète, et une part importante de l’information contenue dans les données numériques est ainsi perdue.

     La diffusion des ordinateurs et l’augmentation continue de leur puissance met aujourd’hui à la portée d’un nombre croissant d’utilisateurs la possibilité de recourir aux méthodes du traitement numérique des données.

 

    Les méthodes de traitement numérique permettent d’utiliser au mieux des données de capteurs disposant de nombreux canaux. Les techniques de correction géométrique des images les rendent superposables à des cartes ou superposables entre elles, permettant des analyses multi-dates. Trois grands types de démarches peuvent être distinguées (figure II.1.3) :

 

  •     Le premier type consiste à préparer soit même, à partir des données brutes, une ou plusieurs restitutions qui seront choisies pour faciliter ensuite une interprétation visuelle privilégiant tel ou tel type de phénomènes. Ces techniques peuvent être regroupées sous les termes d’édition et amélioration d’image. Les procédés de filtrage ou de lissage permettent d’atténuer, de rehausser, ou d’extraire certains aspects de l’information contenue dans l’image ; le calcul de néo-canaux par combinaison de canaux bruts (l’indice de végétation par exemple) permet de synthétiser l’information multi-spectrale en vue de faciliter son interprétation.

     

  •  Le second type de démarche vise à identifier et à classer, par des techniques statistiques, les pixels composant l’image, en vue de transformer celle-ci en une carte thématique de la région. Ces méthodes de classification d’image ont le même objectif que le zonage en photo-interprétation.

     

  •  Le troisième type a pour objectif d’analyser les propriétés de surfaces bien identifiées par un étalonnage et une transformation du signal radiométrique (luminance) mesuré par le capteur en une propriété physique de la surface : un bon exemple de ce traitement physique est l’étude de la température de surface de la mer. Le traitement physique a souvent pour objectif de comparer les grandeurs physiques extraites de l’image à des mesures de terrain ou à un modèle qui reproduit la relation entre la radiométrie et la grandeur physique recherchée.

 

Les données, les images ou les classifications issues du traitement numérique de la télédétection sont aujourd’hui souvent exploitées dans les Systèmes d’Information Géographique. Les SIG sont des logiciels spécialisés dans le maniement et le croisement d’informations géographiques numérisées, en vue de l’analyse et de la gestion du territoire.

Ces données sont alors géo-référencées, c'est à dire projetées dans un système de projection donné, qui garantit que toutes les images, cartes d'une même zone géographique seraient superposables entre elles. Dans tous les cas, ces méthodes nécessitent de cumuler des connaissances en physique, en informatique appliquée au traitement d’images et des connaissances thématiques sur la région à étudier. Une pratique efficace de la télédétection nécessite donc souvent la constitution d’équipes pluridisciplinaires.

              

                                                                                                                                                                                                                                                     Elaboré par Karim GHARIANI